Du béton contre le temps

Développement durable
Comment concilier performance, confort, résistance et coût ? Le béton impose sa légitimité à travers les générations comme partenaire de la construction environnementale.

Du béton en harmonie avec l’environnement : une promesse qui s’inscrit dans la durée ; en voici la preuve. Après l’étude QEB Logement qui avait fait la démonstration du faible impact environnemental du béton, l’étude QEB Tertiaire va plus loin : les immeubles de bureaux bâtis en béton ont toute leur place dans une démarche de développement durable. Face à l’acier, l’empreinte environnementale des structures en béton est égale, voire légèrement réduite. Autre atout, l’inertie du matériau stabilise la température à l’intérieur : exit la climatisation dans les bâtiments BBC en béton. Ces arguments en faveur d’un meilleur confort et d’une approche éco-responsable vont dans le sens du Grenelle de l’environnement qui privilégie la construction de bâtiments moins énergivores. Mieux encore, les structures existantes traversent les années et peuvent être réhabilitées avec des équipements intelligents. D’une vie à l’autre, le système constructif béton s’adapte et s’améliore pour constituer un patrimoine durable. L’Ademe1 et certains promoteurs du quartier de la Défense à Paris en ont déjà tiré parti.

Siège de l’Ademe : béton exemplaire

 

C’est le premier bâtiment public basse consommation. Le nouveau siège social de l’Ademe, situé sur le Plateau du Grésillé à Angers, fait figure de parangon vert : l’organisme a obtenu le label HQE2 pour l’extension en béton du bâtiment existant grâce à la qualité de son intégration à l’environnement et de sa gestion des flux (énergie, eau, déchets). Le choix du système constructif en béton, avec des cloisons en voile de béton brut et des planchers dénudés en béton, a permis de profiter de l’inertie du matériau et de faire l’économie d’une climatisation. Cette construction intelligente affiche désormais une consommation de 31,6 kWh/m² par an. « Un bâtiment de 3 000 m² peut devenir BBC avec des surcoûts limités : 6 % pour celui de l’Ademe et un retour sur investissement évalué entre 10 et 12 ans. C’est très intéressant. C’est un message fort que nous envoyons à l’ensemble des acteurs du bâtiment », souligne Matthieu Orphelin, directeur de cabinet de l’Ademe. En parallèle, l’Ademe a réalisé une importante rénovation sur un bâtiment datant des années 80, disposant d’une structure constructive en béton. En installant une isolation par l’extérieur, des toitures végétalisées, une ventilation double flux ou encore des menuiseries à rupture de pont thermique, les besoins énergétiques ont été ramenés à 88 kWh/m² par an contre 130 avant travaux. La mise en place de chaudières à condensation devrait permettre d’atteindre 80 kWh/m², conformément à la réglementation thermique 20003.

La « City » parisienne en mutation

 

À la Défense, cœur du business parisien et des tours à perte d’horizon, les grues s’activent à dénuder les bâtiments existants pour les parer de nouvelles technologies… en conservant la structure en béton intacte. Illustration avec la tour Opus ou PB 12, construite en 1970, qui s’est ainsi offerte une seconde vie. Sa conception classique comportant un noyau constitué de voiles, des planchers dalles nervurés et des poteaux-aiguilles en béton a permis d’opérer une des plus importantes rénovations du quartier d’affaires. L’objectif de ce projet unique : valoriser la tour de 120 mètres de haut (27 étages et 8 niveaux en sous-sol) en l’agrandissant et en maximisant son confort. Les semelles de fondation ont été élargies et épaissies en béton, la surface des plateaux a été augmentée pour agrandir la surface utile, les aiguilles en béton espacées tous les 1,50 m ont été remplacées par des poteaux mixte acier-béton espacés tous les 6 m pour apporter plus de lumière à chaque étage, le noyau renforcé par un contre-voile en béton armé afin de reprendre les nouvelles charges verticales (plus de plancher) et horizontales (prise au vent plus importante), etc. « Il est possible d’adapter une structure béton à des efforts plus importants, de modifier profondément un bâtiment sans le démolir pour l’ajuster à de nouvelles architectures, à des performances thermiques accrues et procurer un meilleur confort de vie », détaille Thierry Genest, directeur d’études Setec4 PF et responsable d’affaires des études d’exécution sur le projet de la tour Opus.

Grâce au choix initial du béton, un bâtiment peut ainsi passer les générations et s’adapter à la législation environnementale en vigueur : une démarche pertinente en faveur de la préservation des ressources et de la construction durable.

1. Ademe : Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.
2
. HQE : Haute Qualité Environnementale.
3
. Pour les bâtiments neufs ou résidentiels.
4
. Setec : Société d’ingénierie et conseils dans les domaines du BTP, des transports, de l’industrie, des télécoms et de l’informatique.